Rapport d'activités 2025 et bilan
RAPPORT MORAL ET FINANCIER 2025
CONTEXTE GEOPOLITIQUE DE LA ZONE DE BONI
« Depuis plusieurs semaines, l’inquiétude grandit au Mali. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, multiplie les offensives et contrôle désormais plusieurs axes stratégiques autour de Bamako. Les routes reliant la capitale au reste du pays sont devenues dangereuses, parfois impraticables. Les convois de carburant sont régulièrement attaqués, provoquant une situation de quasi-blocus et une flambée des prix des denrées de première nécessité. Lassés par les impayés et l’insécurité, enseignants et fonctionnaires désertent leurs postes, certaines écoles n’ouvrent plus. Le pays semble asphyxié. Le Mali est-il sur le point de s’effondrer ? Un califat pourrait-il lui être substitué ? ». Voici le constat et les questions posés par l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) en novembre 2025 (https://www.iris-france.org/mali-un-monde-seffondre-la-communaute-internationale-regarde-ailleurs/).
Et pourtant, localement dans la zone de Boni, la situation s’améliore après la levée le 27 mars 2025 d’un blocus qui a duré 2 ans… La raison en est peut-être la concentration des forces djihadistes autour de Bamako, à 900 km de Boni. Toujours est-il que les personnes déplacées sont revenues progressivement et surtout les marchandises ont recommencé à circuler plus normalement, l’axe Boni-Douentza n’est plus aussi dangereux. Cette situation est évidemment précaire et suspendue à l’évolution au plan national.
Ce que nous observons à travers les récits qui nous sont faits par les habitants de la zone de Boni résonnent parfaitement avec la conclusion de l’IRIS : « Il (le Mali) tient par la force de l’inertie, par résilience aussi, parce qu’aucune alternative n’a encore surgi. Il tient surtout parce que les sociétés maliennes, du nord au sud, d’est en ouest, continuent d’inventer au quotidien des formes de survie et de régulation là où l’État a disparu.
Ce qui s’effondre, peut-être, ce n’est pas tant le Mali que notre capacité à le regarder autrement que comme un chaos permanent. »
Tisser la Santé, en poursuivant malgré tout ses actions, apporte sans nul doute sa petite contribution à cette capacité « d’inventer »…
Boni fête la levée du blocus 1/2
Boni fête la levée du blocus 2/2
LES ACTIVITÉS 2025
Il faut préciser que toutes les autres associations et ONG étrangères qui intervenaient dans la zone sont parties en cessant leur soutien depuis 2022-2023.
A/ LA MAISON DES MAMANS DE BONI
En raison des blocus et de l’insécurité, la fréquentation est en légère baisse, mais elle a été un appui important pour les matrones du CSCOM qui ont adressé beaucoup de femmes afin qu’elles se reposent après leur accouchement ou bien au cours de leur grossesse. Par contre depuis octobre 2025, la fréquentation est revenue au niveau précédant le blocus.
Indicateurs 2025 :
526 femmes enceintes ont été accueillies (vs 548 en 2024)
255 naissances (vs 252 en 2024)
0 décès enregistrés
Chaque femme enceinte a été accompagnée de 2 membres de leur famille
Durée moyenne de séjour : 7 jours
Nombre de repas distribués (femmes enceintes + accompagnantes) : 33138 !
Le 25 décembre 2025, la 5000ème femme, depuis l’ouverture en avril 2018, est arrivée à la Maison des Mamans, elle se prénomme Sali, venant du village de Yoro, elle a 24 ans et elle était au 9ème mois de sa troisième grossesse, l’accouchement s’est très bien passé !
Réunion de sensibilisation à la maison des Mamans
»bébé 2025 » !
Formation :
Les 2 animatrices de la maison des Mamans, Aye Bakaye et Mariam Tamboura ont participé à une semaine de formation, organisée par Bouba Traoré en janvier 2025 et une autre en juin 2025, axées sur la tenue des registres et l’alimentation des femmes enceintes. Mais c’est avant tout un temps de réflexion et de partage d’idées permettant aux animatrices de prendre un peu de recul sur leur implication.
2. Achat de matériels
En 2025, 7 ans après l’ouverture, outre du petit matériel, nous avons dû changer 8 lits, racheter des chaises, remplacer le panneau solaire avec batteries, installer 6 ventilateurs. Pour les formations nous avons financé l’achat d’un ordinateur et d’un retroprojecteur (auparavant ce matériel était loué).
3. Travaux exceptionnels
La réfection des peintures intérieures et extérieures était nécessaires. Elles avaient été refaites en 2021 mais les conditions climatiques les dégradent assez rapidement et il est important que ce lieu reste accueillant !
Le financement a été fait en 2025, mais les peintures ont été effectuées début 2026.
B/ APPUI AU VILLAGE DE KOYO
Des liens particuliers unissent Tisser la Santé et le village de Koyo (situé sur une falaise à 2h de marche de Boni). Comme chaque année celui-ci nous a sollicité pour l’achat d’un stock de médicaments pour la pharmacie villageoise que nous avions aidé à mettre en place et qui fonctionne depuis 2004.
Lors d’une mission d’évaluation de Bouba Traoré à la Maison des Mamans, en mai 2025, celui-ci a apporté une aide alimentaire de 2 tonnes de céréales pour le village de Koyo, afin de compenser une période de « soudure » (entre la fin des réserves et avant les nouvelles récoltes) difficile.
Hamidou du village de Koyo, gère la distribution.
C/ APPUI AU CSCOM DE BONI
Le CSCOM, qui a été très soutenu par MSF Espagne ces dernières années mais dont l’aide s’est arrêtée depuis 2023, nous a sollicité pour une électrification photovoltaïque alimentant en particulier la salle d’accouchement (ceux-ci se faisant à la lampe torche depuis des mois). Les travaux ont été réalisés en juin 2025.
D/ MISSION OPHTALMOLOGIQUE DOUENTZA
Sous l’impulsion de Bouba Traoré, dont il faut rappeler qu’il est infirmier spécialisé en ophtalmologie depuis de nombreuses années (formation financée par Tisser la Santé), une mission de dépistage et soins ophtalmologiques a été mise en place à Douentza au bénéfice des populations déplacées de Boni. Elle s’est déroulée du 26 avril au 2 mai. 348 personnes ont été examinées et soignées.
C/ APPUI SCOLARISATION
Tisser la Santé s’est engagé à soutenir le financement partiel pour des études d’infirmier pour 2 jeunes : Bina Traoré et Mariam Traoré.
2025 est la dernière année de leurs études.
BUDGET 2025 ET PREVISIONS BUDGETAIRES 2026
Consultez le bilan financier 2025 ici